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abduction – sainte chimère lyrics

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sous les arcs, elle règne en sentinelle
veille sereine, solennelle et sévère
cauchemar, érigé en art noir
veinée de lierre, la souveraine chimère
de l’empyrée, gardienne de pierre
cerbère féal, guivre anceisurale
défiant le ciеl et la terre, lе temps dans l’ombre sanctifiée

la froide étreinte des ondées
nuits et nuées lentement, encore et encore
érodent du ciel, l’angoissante silhouette
qui inspire les peurs, d’un silence de cairn

murmures lancinants, hurle en silence
perdue dans l’absence
arpente les siècles, prisonnière de sa chaire
seule en sa cour de poussières

stigmates de la patience, ruinent ses traits
symbole de son impuissance
attentes trahies, nul espoir n’impose sa lumière face au vide

de vestiges en cendres, mémoire échouée dans les ardentes vagues du temps
grave adamant, dernière stryge d’un tableau s’effaçant

pourquoi veiller ce qui à jamais dort
la mort en miroir toute chose contemple
sous l’effort et la rage, ses ailes se craquellent, se déploient, se déchirent
assombrissent le ciel
les fissures s’étendent le long de ses membres
son corps se lève, meurtri de tourments
les griffes éraflent le sanctuaire honni
de sa prison d’éternité, s’arrache

elle chante sans mots sa douleur, carillon de ses espoirs

l’équilibre change, renverse l’axe et se penche
d’avant en arrière, l’horizon avance

la travée dépasse, le vitrail surplombe
un rebord ouvragé sous ses serres se lézarde

sous ses pas défilent les tuiles
vers la gueule des déversoirs
promontoires sculptés sur le vide
en mouvement de grâce elle s’élance

une horreur ailée dans un crépuscule mourant
les voiles d’ébène noircissent le couchant
de ténèbres, temps perdu en vain
vanité des siècles achève la gloire par le néant

ses souvenirs s’envolent en feuilles d’automne
les regrets, peu à peu, délestent son être
l’eau s’écoule, miroir de défaite
le présent lui appartient, un moment de cristal
se couvre en sifflant d’une robe de vent
le temps figé, la conscience en suspend
gueule ouverte d’effroi, géhenne peinte de croix

[sous la pluie, se lamente un soupir
se dessine un sourire accablé
figure atterrée de démence brisée
en silence ramasse un à un les débris épars de son âme]